Extrait d’un article paru dans le mensuel spirituel Feu et lumière en 2014:
Marie-Anne Giannatos
Par la harpe et la cithare
par Pascale Harfouche-Chédid
FL : Tu es musicienne. auteure-compositrice-interprète ; tu as composé un album pas tout à fait religieux. mais où on retrouve un chant à Jésus et un autre à Marie. Pourquoi?
Ma grand-mère m'a appris à jouer du piano. Plus tard, quand ça allait mal pour moi, je composais des chansons et ça avait un impact thérapeutique sur ma vie. Mes chants ont évolué avec moi, c’est pourquoi j’ai mis tout mon parcours dans cet album : quand j’étais triste et mélancolique, ainsi que les moments où j’étais heureuse. Puis lorsque j’ai vécu une expérience intense avec le Seigneur, je l’ai chantée. C’est pourquoi j’ai appelé mon album Carnet de voyage, car ça ressemble plutôt à un journal personnel qui relate plusieurs étapes de ma vie.
FL : Tu as fait une expérience au couvent des Carmélites il y a quelques mois. Pourquoi?
J'entendais souvent parler des carmélites; leur mode de vie me fascinait. Le livre de la petite Thérèse a eu un grand impact sur moi, mais je n’étais pas attirée par leur vie. J'étais plutôt entraînée par les voyages, la musique, etc. N’empêche que l’idée de l’absolu, de « Dieu seul suffit » est devenue très forte ; mon amour du Carmel a grandi, puis le désir d’y vivre une expérience de silence, de me dépouiller de tout pendant une période et de vivre juste pour et avec Jésus a germé. Je l’ai fait durant trois mois. J’ai eu très peur, une fois que j’ai été à l’intérieur du couvent, mais le Seigneur m’a dépouillée doucement de beaucoup de choses superflues.
FL : Depuis que tu es sortie, en quoi vis-tu différemment dans le monde en tant que laïque?
J’ai trouvé le Carmel exigeant, mais en laissant le temps au Seigneur de me travailler, et après trois mois de silence, j’ai compris que j’étais appelée à être une chrétienne laïque. Je sens quand même toujours mon penchant « carmélitain », ce désir de dépouillement, de vivre plus de Dieu, d’amour… Puis j’ai découvert une capacité plus grande d’aller au fond de moi-même.
FL : Quel serait ton plus grand désir actuellement, en tant que personne, artiste et chrétienne?
M’ouvrir toujours plus à l’amour de Dieu, aimer à mon tour, le mieux possible, puis témoigner de ma foi, peu importe la forme que cela prendra, en ce Dieu qui est infiniment bon et miséricordieux. J’espère que je garderai toujours confiance qu’il est là même dans les moments de souffrance.